Rédiger des contenus web, c’est aussi les optimiser pour le référencement naturel avec un objectif en tête : apparaître en première page sur les moteurs de recherche. Spécialiste de la question, Romain Gouleau nous parle de cet enjeu crucial pour les entreprises.

Bonjour Romain. Avant d’entrer dans le vif du sujet, peux-tu te présenter en quelques mots ?

J’ai 26 ans et je travaille depuis près de deux ans chez Bee4, agence lyonnaise spécialisée en référencement naturel (SEO), référencement payant (SEA) et conseil en webmarketing. Je tiens également de mon côté une activité en freelance et propose trois services :

  • Accompagnement des clients dans leur stratégie de référencement naturel
  • Création de sites internet sous WordPress
  • Rédaction des contenus orientés SEO

Durant mes plus jeunes années, j’ai multiplié les expériences professionnelles dans le milieu du journalisme. Puis, de fil en aiguille, je me suis orienté vers le secteur de la communication et du digital.

En tant que rédacteur web, tu dois optimiser tes contenus pour le référencement naturel. Est-ce que tu peux expliquer son importance et son fonctionnement ?

Sans page et sans contenu, un site internet pourra difficilement se positionner sur Google. L’objectif d’un contenu optimisé pour le référencement naturel est de faire comprendre la thématique d’un site web aux robots de Google.

Un contenu optimisé doit inclure des mots-clés qui font l’objet d’une étude en amont. Cette étude permet de comprendre comment les internautes s’expriment et de répondre à leurs besoins. Une fois qu’on a fait ça, il faut s’assurer que les robots puissent voir ces contenus dans les meilleures conditions. C’est la partie technique.

En webmarketing, SEO est l'acronyme anglais désignant le référencement naturel

Le SEO (Search Engine Optimization) désigne les techniques de référencement naturel.

 

Au sujet des contenus, Google privilégie de plus en plus la qualité à la quantité. Dirais-tu qu’il est préférable de rédiger un article de 500 mots avec un champ lexical riche plutôt qu’un article de 2000 mots avec peu de vocabulaire ?

Oui, c’est clair. Le volume de mots n’est pas le plus important ! Et comme tu dis, il faut couvrir au mieux le champ lexical (la thématique) pour faire comprendre aux robots de quoi on parle. Il y a quelques années, on disait qu’un contenu de 300 mots était suffisant. Maintenant, on part sur 500 mots. Mais le volume de mots dépend aussi de ce que fait la concurrence. On n’écrira pas des contenus aussi longs pour le site d’une écurie à Châteauroux que pour celui d’une agence de communication à Lyon par exemple.

 

« Le volume de mots n’est pas le plus important ! »

 

As-tu déjà observé des résultats concrets à ce niveau-là ?

Oui, ça m’est arrivé. Un jour, j’avais écrit une page de 800 mots pour un opticien qui souhaitait se positionner dans une ville particulière. Le contenu était plutôt long mais ne permettait pas de se positionner en première page. J’ai retravaillé le contenu avec des outils d’analyse sémantique et je suis parvenu à positionner le site en deuxième position !

Que ce soit en agence ou en freelance, on conseille toujours en premier lieu de travailler le contenu avant d’autres leviers de SEO. Pour cela, j’utilise les outils 1.fr et SEOQuantum. On indique le mot-clé sur lequel on veut « ranker » et ils nous donnent les termes à faire paraître sur la page. Après, il ne faut pas les répartir n’importe comment mais essayer de faire des liaisons entre ces mots au sein même des phrases.

Selon toi, est-ce que Google privilégie les contenus qui apportent une réelle valeur ajoutée à cause de l’abondance des contenus sur le web ?

Je ne sais pas si c’est dû à l’abondance des contenus mais ce qui est sûr, c’est que les robots de Google sont de plus en plus « intelligents ». Dans les années 1990-2000, on pouvait faire « ranker » des sites en bourrant des pages avec le même mot-clé. Aujourd’hui, il faut voir plus large en intégrant dans les contenus des mots-clés connexes. Cela demande une réflexion avant même de rédiger.

Cela voudrait dire que le champ lexical devient plus important que les mots-clés, qui sont pourtant la base du référencement naturel ?

Couvrir le champ lexical est important mais je ne dirais pas qu’il est plus important que les mots-clés. En fait, je pense que ce n’est pas comparable. Les mots-clés doivent toujours être mis en avant dans les « zones chaudes » d’un contenu. Pour ce qui est du reste du contenu, il faut intégrer des termes qui permettent de montrer à Google que l’on dispose d’un champ lexical riche.

 

« Les mots-clés doivent toujours être mis en avant dans les « zones chaudes » d’un contenu. »

 

Puisque tu en parles, peux-tu nous expliquer quelles sont les « zones chaudes » dans lesquelles il faut intégrer ces mots-clés ?

Avant tout, dans la balise Title. C’est le titre que l’on voit dans les liens bleus des résultats de recherche. C’est celle qui apporte le plus de poids et c’est donc celle qui doit être optimisée en premier lieu. Puis vient la balise H1 qui est le titre éditorial de la page. Le mot-clé principal, une variante au pluriel ou un synonyme très proche doit y paraître.

Ensuite, je conseille de mettre le mot-clé dans au moins une balise H2. Cette balise s’apparente à un intertitre. J’aime bien le mettre aussi dans l’URL même si certains disent que ça ne sert plus à rien. Attention aux répétitions des mots-clés dans la balise Title, la balise H1 et l’URL. Il faut essayer de varier un minimum.

Pour se placer sur ces mots-clés, il faut étudier les termes recherchés par les internautes. Quels outils recommandes-tu pour cela ?

C’est ce qu’on appelle une étude lexicale, l’objectif est de cerner les besoins des internautes. Pour la réaliser, j’utilise Keyword Planner qui permet à la base de chercher des mots-clés pour faire du référencement payant. Ensuite, l’idée est de rassembler ces mots-clés par sous-thématiques pour pouvoir les répartir dans l’arborescence. D’autres outils existent comme SEMRush ou Yooda Insight mais les estimations de recherche ne sont pas les mêmes et ils sont payants.

SEMRush est un outil important pour le référencement naturel

Une fois que tu as sélectionné tes mots-clés, on sait que tu dois séduire Google pour le référencement naturel mais aussi l’internaute pour lui faciliter la lecture. Pour un rédacteur web, le plus dur est sans doute de trouver l’équilibre…

Tu mets le doigt sur un point sensible ! Effectivement, c’est probablement le plus compliqué. Paradoxalement, j’aurais tendance à dire qu’il faut en premier lieu privilégier la lisibilité et donc le confort de lecture pour l’internaute. Google se laisse de moins en moins berner par les contenus trop optimisés. Je conseille donc d’abord d’écrire sans penser au référencement puis de faire une repasse dans ce sens. Je pense que les contenus les plus efficaces en SEO sont ceux qui sont écrits par les passionnés.

De ton côté, as-tu déjà vu des articles tellement optimisés pour le référencement qu’ils en devenaient illisibles ?

Si tu veux dire « imbuvables » pour l’internaute, oui, souvent ! En revanche, je ne pense pas qu’ils puissent devenir invisibles sur Google mais ils peuvent baisser de façon conséquente dans les résultats de recherche. Google capte les contenus sur-optimisés et les pénalise. Mais je ne pense pas qu’il les supprime de ses résultats. En tout cas, je ne l’ai jamais vu.

 

« Google capte les contenus sur-optimisés et les pénalise. »

 

Le but des contenus web et notamment des articles de blog, c’est d’être pertinent et de répondre à des questions. Dans cette optique, estimes-tu qu’un blog est indispensable pour une entreprise ?

Je ne dirais pas que c’est indispensable mais c’est une vraie valeur ajoutée. Le blog a plusieurs avantages. Il permet de répondre à des questions plus générales pour capter du trafic différent et attirer de nouveaux prospects. Je conseille souvent de rédiger des articles de blog avec des titres sous forme de questions. Et puis ça permet de montrer que l’entreprise est experte dans son domaine et qu’elle est passionnée par son activité !

D’un point de vue SEO, les articles de blog permettent de faire des liens internes vers les pages de services et donc de les pousser dans les résultats de recherche. Ils permettent aussi de montrer à Google qu’un site est actif, ce qui amènera les robots à le visiter plus souvent.

Il faut travailler son référencement naturel pour apparaître dans les résultats de recherche sur Google

Comme tu viens de le dire, le blog permet de montrer son expertise. On en revient à l’importance de la qualité des contenus pour mettre en avant ses compétences et son savoir-faire…

Oui, c’est sûr. C’est avant tout ce que cherchent les entreprises en créant leur site web : présenter leurs services, leur savoir-faire, leurs points de démarcation par rapport aux concurrents. Les contenus doivent être de qualité et agréables à lire. Et l’arborescence du site doit être fluide pour que les internautes aient envie d’y naviguer davantage.

Pour finir, on annonce l’avènement de la recherche vocale dans le référencement. Malgré tout, est-ce qu’on peut dire que les contenus textuels ont encore de beaux jours devant eux s’ils sont qualitatifs et bien rédigés ?

Les contenus textuels sont loin de mourir, au contraire ! Avec la recherche vocale, Google a décidé de donner des réponses oralement mais il aura toujours besoin qu’on lui donne de la matière. Et c’est le rôle des rédacteurs. On a vu arriver il y a plusieurs mois l’affichage de certains résultats de recherche en position 0. Ce sont ces résultats que Google reprend pour donner les réponses aux utilisateurs de Google Voice. Il faut donc anticiper en rédigeant des contenus en partant d’une question pour espérer accrocher ces fameuses positions 0.

 

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